Les personnages
romanesques sont bien les créatures d’un dieu qu’est l’auteur, toutefois pas
seulement. Si l’auteur imagine le caractère, la vie, la généalogie et le
physique d’un personnage, le lecteur, de son côté, lui donne un visage
différent. Si la description est bien faite, il y aura peu de différence, quoi
que… Le phénomène d’appropriation par le lecteur va même plus loin. Arrivé à
une certaine popularité le héros échappe complètement à son dieu créateur. Preuve
en est, Maurice Leblanc et Arthure Conan-Doyle ont eu, à un moment donné, une
grande lassitude envers Arsène Lupin et Sherlock Holmes, ils ont donc pris la
décision de les tuer. C’était sans compter sur les lecteurs qui ne l’entendirent
pas de cette oreille. Les montagnes de courrier reçus par leurs éditeurs
respectifs les persuadèrent de ressusciter leurs héros. Les personnages avaient
alors échappé définitivement à leurs créateurs. Je pense donc que ma Fabienne
Quinot, commissaire à la brigade criminelle de Paris vous appartient aussi un
peu…
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